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Le bonus malus sur les plastiques en 5 questions

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1- En quoi consiste cette mesure ?

Le bonus malus sur les plastiques s'appliquera sur les produits à base de plastique afin d'influencer les décisions d'achat des consommateurs.

 
"Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l'une fabriquée en plastique recyclé et l'autre non, la première sera moins chère", a déclaré Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire, dans un entretien au Journal du dimanche (JDD).

 
Ce bonus-malus pourra aller jusqu'à 10% du prix des produits.

 
En passant par le portefeuille des consommateurs, ce système de "bonus-malus" vise à favoriser puis généraliser le recyclage du plastique.

 

 

2- Les prix vont-ils augmenter ?

Lors de cette annonce d'un bonus malus sur les plastiques, la secrétaire d'Etat Brune Poirson n'a pas précisé dans quelle proportion le dispositif influerait sur les prix.


Dans tous les cas, ce système devrait faire baisser le coût des objets en plastique recyclé et augmenter celui des produits qui ne sont pas en plastique recyclé.

 

3- À partir de quand le système va-t-il s'appliquer ?

Brune Poirson veut mettre en oeuvre ce bonus malus sur les plastiques dès 2019, et le "faire monter en puissance" dans les années suivantes.

 

En effet, l'objectif de cette mesure est d'atteindre 100% de plastique recyclé en 2025.

 
Parallèlement, le gouvernement veut interdire la vente des pailles en plastique d'ici 2020.

 
Michel-Edouard Leclerc, PDG de l'enseigne de distribution du même nom, a déclaré vouloir "anticiper la loi" en ne proposant plus de pailles et de vaisselle en plastique début 2019.

 
Parmi les autres enseignes de grande distribution, Carrefour devrait cesser la commercialisation des pailles fin 2018 et supprimer les emballages plastiques non recyclables des fruits et légumes bio.

 
La secrétaire d'Etat Brune Poirson s'est, en revanche, abstenue d'annoncer un calendrier pour la mise en place généralisée d'une consigne sur le plastique.

 
Cette piste avait été évoquée par le ministère en début d'année et consisterait à associer chaque emballage à une caution que le consommateur paierait à l'achat du produit et récupérerait sous forme d'argent ou de bon d'achat lorsqu'il le rapporterait.

 

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4- Quelles sont les limites de ce système ?

Ce bonus malus sur les plastiques ne peut fonctionner que si les industriels jouent le jeu et proposent des alternatives au plastique non recyclé.


Or, ce n'est pas toujours possible. Pour les bouteilles, le consommateur a le choix. Mais, pour les pots de yaourt par exemple, il n'en existe pas aujourd'hui en plastique recyclé...

 
Pour le moment, cette mesure ne prévoit aucune contrainte réglementaire pour les industriels.

 
"Cinquante-cinq fédérations industrielles et d'entreprises du secteur se sont engagées à doubler la quantité de plastique recyclé intégrée dans leurs produits. D'autres suivront. Si dans deux ans le compte n'y est pas, alors on passera au règlement", a expliqué Brune Poirson dans le JDD.

 
Certains relèvent déjà les points faibles de cette mesure, qui ne vise que les ménages. Or, les entreprises produisent dix fois plus de déchets que les ménages !

 
De plus, ce système de bonus malus se focalise sur la fin de la chaîne de distribution sans prendre le problème à la source. La moitié des déchets échappent au tri car ils n'ont aucune solution de recyclage. Le vrai problème est qu'ils n'ont pas été conçus dans ce but.

 

 

5- Quel est l'objectif ?

Le candidat Emmanuel Macron avait promis pendant sa campagne d'arriver à 100% de recyclage des plastiques d'ici 2025 en France.

 
Aujourd'hui, seuls 26% des emballages plastiques sont recyclés en France selon une étude de 60 Millions de consommateurs.

 
Il y a encore beaucoup de progrès à faire, d'autant plus que la production mondiale de plastique a progressé de plus de 40% en dix ans. Entre 2007 et 2017, elle est passée de 245 à 348 millions de tonnes, avec l'emballage comme premier débouché.

 
Les mentalités commencent pourtant à changer et fin mai, la Commission européenne a annoncé des objectifs de réduction drastiques du plastique.

 
Elle a établi une liste d'objets et emballages en plastique à usage unique pour lesquels elle propose soit une interdiction totale soit une limitation. Cela va du coton-tige au matériel de pêche.

 
Dans le reste du monde aussi, des mesures sont prises : les sacs en plastique à usage unique ont été interdits cette année au Chili et en Nouvelle-Zélande, comme c'est le cas en France pour ceux qui ne sont pas compostables.

 

Auteur :   |   Date de création :   |    Dernière mise à jour : 20/08/2018