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L'agroforesterie en 5 questions

Copyright : Marco Schmidt

De quoi s'agit-il ?

L'agroforesterie désigne le fait d'associer des arbres avec des cultures ou des animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ.

 


Ce terme recouvre toutes les pratiques agricoles qui intègrent l'arbre dans les exploitations agricoles et le paysage rural et qui s'inspirent du modèle de la forêt.

 


Il peut donc s'appliquer à des aménagements très divers (alignements intra-parcellaires, haies, arbres émondés, arbres isolés, bords de cours d'eau) dans des champs ou des vergers, associant parfois cultures et animaux pâturant sous les arbres.

 

Est-ce une pratique récente ?

L'agroforesterie est une pratique ancestrale, dont on trouve des exemples variés dans le monde entier.

 


Cette association des arbres et des cultures était très répandue en France au Moyen-Age. On en voit encore les traces en Normandie (avec le pré-verger) et dans la Drôme (où l'on trouve des noyeraies extensives et des cultures intercalaires).

 


Les arbres, traditionnellement présents au sein et au bord des parcelles, ont été arrachés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec l'adoption du machinisme agricole et des produits phytosanitaires.

 


Mais cette alliance entre les arbres et les cultures a été redécouverte dans les années 1970, époque où elle a pris le nom d'"agroforesterie". Aujourd'hui, elle suscite un regain d'intérêt et réapparaît dans nos campagnes sous une multitude de formes.

 


Un concours, organisé en juillet 2015 par Euskal herriko laborantza ganbara (EHLG), la chambre d'agriculture du Pays basque, a récemment récompensé trois fermes ayant adopté des pratiques agroforestières.

 

Pour quelles exploitations ?

L'agroforesterie n'est pas réservée à tel ou tel type d'exploitation mais a pour avantage d'être compatible avec tous les types de production : grandes cultures, viticulture, maraîchage, élevage…

 


Le système agroforestier se développe d'ailleurs en agriculture conventionnelle comme en agriculture biologique.

 


Comme une grande diversité d'essences, de techniques, de types d'aménagement ou de tailles des arbres peuvent être utilisés, chaque agriculteur peut concevoir son projet en fonction de ses besoins et de ses objectifs.

 


Certains exploitants oeuvrent à reconstruire des paysages traditionnels (comme les bocages ou les cultures intercalaires en vergers fruitiers et truffiers), tandis que d'autres inventent de nouvelles associations, avec pour objectifs la production de biomasse et la conservation des sols.

 

Quels avantages ?

L'agroforesterie présente des avantages pour l'environnement car :

  • elle imite le fonctionnement des écosystèmes naturels tels que la forêt
  • elle recrée de la vie dans les sols
  • elle permet une réduction des intrants
  • elle limite l'érosion ainsi que la pollution des nappes phréatiques
  • elle favorise la biodiversité
  • elle contribue à stocker du carbone et donc à lutter contre le changement climatique

 


Cette pratique agricole apporte aussi des bénéfices aux exploitants car elle leur permet de :

  • restaurer naturellement la fertilité du sol
  • faire des économies (car ils n'ont plus besoin d'acheter d'engrais)
  • diversifier la production de leurs parcelles et donc leurs sources de revenu (bois d'œuvre, bois énergie, fruits, fourrage, paillage…)
  • donner de la valeur à leur exploitation.

 

Que dit la réglementation en France ?

Depuis 2006, les parcelles agroforestières de moins de 200 arbres par hectare sont reconnues comme des parcelles agricoles. Elles sont donc éligibles aux aides PAC du premier et second pilier et relèvent du régime foncier et fiscal agricole.

 


Si vous respectez les densités réglementaires d'arbres, vous ne perdrez pas vos aides. Au contraire, il existe même des mesures de soutien à l'agroforesterie : renseignez-vous auprès de la DDT (Direction Départementale du Territoire).

 


Notez toutefois que toutes les aides ne se cumulent pas : dans le cadre d'une association entre un verger de fruits à coques et une culture, il vous faudra choisir entre deux primes.

 


Par ailleurs, pour faire un aménagement agroforestier (arbres et cultures, bois pâturés…) sur une parcelle qui a un statut forestier, il faut faire une demande de changement d'usage des sols auprès de la DDT.

 

http://www.agroforesterie.fr/

Auteur :   |   Date de création :   |    Dernière mise à jour : 03/08/2015